HOME et les paysages réguliers
     
HOME et les paysages réguliers
Essai photographique : : (2017 - aujourd'hui)

En 1851 Henri David Thoreau donne une conférence au Lycéum de Concord, aux États-Unis, intitulée « Marcher ». Le philosophe, souvent réduit à son expérience de vie autarcique dans les bois, est avant tout un marcheur et un observateur de la nature. Lors de ses promenades quotidiennes (environ trois heures par jour), il prend des notes, répertorie les espèces de pommiers sauvages, d’oiseaux, il prélève des plantes…

Pour Thoreau la marche est affaire d’émancipation, comme la plupart des actes quotidiens. Épris de liberté, c’est bien dans la vie sauvage - sans contrainte - que réside pour lui la philosophie. À ses yeux, la marche est un exercice salutaire et libérateur.

En tant que lecteur du philosophe depuis de nombreuses années et photographe, je me suis demandé ce que la photographie était capable de restituer d’une expérience de la promenade et du rapport intime, voire mystique, que nous entretenons aux paysages.

J’ai alors décidé de parcourir régulièrement des paysages à proximité de mon foyer, de les photographier tels que je les observe, par fragments. Il y a aussi quelques images prises lors d’excursions plus lointaines.

Dans un second temps, je cherche à lier ces photographies à mon identité culturelle, à une constellation de références littéraires et artistiques en les ré-investissant numériquement par exemple, mais aussi matériellement.

Durant ces marches, je rencontre parfois d’autres promeneurs : un pilote de drone, un étudiant en géologie, des enfants dans leurs jeux, des familles… leur présence établie d’autres rapports au paysage. En effet, à l’instar de Thoreau, cette démarche n’est nullement antisociale, bien au contraire, elle est un re-centrement nécessaire pour absorber le monde, pour le (re) visiter, pour recevoir la rencontre.

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Photographies extraites de la série : :
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